Il nous est arrivé brutalement, une drôle de chose inimaginable, même dans nos rêves les plus fous : l’injonction du confinement, l’injonction de rester chez nous. Fini les longs transports pour le travail, le stress du quotidien, le manque de temps. Enfin on allait pouvoir s’occuper de la maison, de la famille, se consacrer à ses activités préférées, créer même. Tout ce à quoi les vacances ne suffisent jamais. Sans parler de cet espoir unique de réinventer un monde nouveau après le confinement. Même si la réalité de cette liberté sous contrainte de l’épidémie apporte de nombreux bémols, sans oublier tous ceux qui continuent à se rendre au travail, quelle sensation inouïe nous a traversés, l’espace d’un instant ! Tout d’un coup, le monde à l’envers ! À l’envers des contraintes, de l’établi, à l’envers du temps. Or, les contes populaires nous apprennent que c’est un vieux rêve de l’humanité d’imaginer inverser le monde pour s’évader de son quotidien rude et oppressant.
C’est par exemple ce que nous raconte ce fabliau en haut-allemand du XIVe siècle intitulé Sô ist diz von lügenen (Ainsi vont les mensonges) et qui a donné lieu à de nombreuses représentations imaginaires dans toute l’Europe. Les frères Grimm l’ont repris, dans leur recueil, sous le titre : « Schlaraffenland, » soit « Le conte du pays de Cocagne ». Je vous le laisse lire avant d’en reprendre les points essentiels qui vont nous conduire aux Concours de mensonges en Grèce.
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